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Sonates pour un temps romantique
Frédéric Chopin & César Franck

Et si les plus belles sonates romantiques françaises avaient pour origine un témoignage d’amitié ?

Il en est ainsi avec Auguste Franchomme, célèbre violoncelliste qui accompagne fidèlement son ami le compositeur polonais Frédéric Chopin, depuis son arrivée à Paris en 1831 jusqu’à sa disparition en 1849. Alors parmi les rares œuvres de musique de chambre de Chopin, reste la sonate pour violoncelle et piano dernier opus du polonais,  composée dans la douleur de l’inspiration, épuisé par la maladie, mais pour son ami Auguste :

Je suis tantôt content, tantôt mécontent de ma sonate avec violoncelle. Je la jette dans un coin et puis je la reprends. La réflexion vient ensuite et l'on rejette ou l'on accepte ce qu'on a fait… Je t'aime et voilà tout ce que je peux te dire car je tombe de faiblesse. Tout à toi. Chopin

En elle, la sonate révèle une atmosphère crépusculaire, Chopin y livre sans  détour  les affres de  sa  pensée. Le  piano  est  extrême-

ment sophistiqué, voir virtuose, sans jamais laisser paraître et dialogue avec un violoncelle caressant, intime, affectueux sans être effacé : le génie de Chopin est porté au sommet. Le 3ème mouvement, Largo, résume en quelques minutes toute une vie : Romance hommage à Vincenzo Bellini, ami trop tôt disparu lui aussi – nocturne d’un soir d’été à Nohant, celui de l’amour impossible avec George Sand – ou largo desolato pour violoncelle, réminiscence du contralto voluptueux de Pauline Viardot cher à Chopin…  

Alors Chopin et Franchomme se diront adieu, le 16 février 1848 dans les salons Pleyel devant un public médusé, laissant à la postérité cette sonate si complexe et touchante à la fois.

Il en est tout autre pour la sonate en La M. de César Franck. D’abord écrite pour violon et piano, offerte en cadeau de mariage au violoniste Eugène Ysaÿe qui en est le dédicataire et la crée en septembre 1886. Ici le pathos romantique est suggéré pour emporter l’auditeur sur les chemins symboliques de l’Amour. Nous comprenons aisément alors que Marcel Proust la prendra pour exemple pour décrire sa fameuse sonate de Vinteuil dans À la recherche du temps perdu… Et c’est à la première écoute que le violoncelliste Jules Delsart, happé par la fulgurance de l’œuvre demande à son collègue et ami César Franck, l’autorisation de la transcrire pour son instrument. Chose rare dans l’histoire de la transcription,  en 1888 le compositeur est fasciné par la proposition de Delsart qui garde intacte la partie de piano et adapte à la marge la voix du violon pour la tessiture du violoncelle. Il en résulte une sonate hybride où le chant rond et velouté du violoncelle sublime le dialogue avec un piano d’une grande profondeur.

Ce qui est le plus original dans cette fameuse Sonate en La M. c’est la cohérence qui se dégage de l’œuvre dans sa globalité. Composée de thèmes récurrents qui se transforment avec subtilité tout au long des quatre mouvements - un héritage de Franz Liszt, autre ami de Chopin !- la forme est d’une liberté rare alternant passages en tension et détente, phrases d’un lyrisme exacerbé, récitatifs poignants et cadences instrumentales haletantes. Le dialogue magnétique entre le violoncelle et le piano, toujours dans la séduction amoureuse, culmine au finale - Allegro poco mosso – canon mélodique qui se déroule tout au long du mouvement, prouesse formelle et unique dans l’histoire de la musique !

Alors pour interpréter ces deux chefs-d’œuvre du romantisme français, le hasard aura fait se croiser la violoncelliste Hager Hanana et le pianiste Cédric Lorel. Issus de mondes musicaux différents, ils se rencontrent autour d’un violoncelle et d’un piano de 1889, contemporains de la création de la sonate de Franck.

Et si il n’y avait pas de hasard dans la vie et dans la mise en lumière de la beauté ?

Avec

Hager Hanana, violoncelle romantique

Cédric Lorel, piano Pleyel de 1889

 

Eglise St-Maurice d'Usson

Quand

mardi 20 août - 21h

tout public - durée 1h10 avec entracte

Frédéric Chopin > 1810 -1849

Sonate pour violoncelle et piano en sol m. op.65 - 1848

Allegro moderato

Scherzo, allegro con brio
Largo

Finale, allegro

***

César Franck > 1822 -1890

Sonate pour violon et piano en La M. FWV 8 - 1886

arrangement pour violoncelle et piano par Jules Delsart - 1888

Allegretto ben moderato

Allegro

Recitativo - Fantasia

Allegretto poco mosso

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